La décentralisation culturelle // vendredi 17 juillet - 17h30

La décentralisation culturelle // vendredi 17 juillet – 17h30

Le centralisme, maladie invisible de la centralisation comme de la décentralisation

Le message, c’est le médium » a montré Mac Luhan. Le mode d’organisation d’une société commande tout : son mode de production, ses lois, sa politique, son éthique, sa conscience d’elle-même. C’est lui le médium et il est, en dernière instance, le message que délivrent toutes ses œuvres. Or c’est la centralisation qui a fait la France. C’est donc elle le médium. On peut la voir partout si on sait regarder. On peut même voir ses excès et tenter de les corriger (décentralisation/déconcentration/régionalisation). Mais la centralisation est atteinte depuis ses origines d’une maladie d’autant plus pernicieuse qu’elle est aussi invisible et aussi présente que « l’air que nous respirons » (F. Castan). C’est le centralisme intellectuel, culturel, artistique qui nous gouverne sans que nous le sachions. Il est tellement devenu un réflexe, tellement ancré, que la décentralisation ne peut rien contre lui. Il reste donc lui-même, tirant les ficelles derrière tout ce que nous disons, pensons, construisons sans que nous le sachions. C’est pourquoi il est le pire des maux dont souffre la France, car c’est à travers lui qu’on voit ou qu’on ne voit pas les autres. »

Claude Sicre
Musicien : au début des années 80, il a été le pionnier du « rap d’avant le rap » avec la création en 1987 des Fabulous Trobadors. Certaines de ses chansons ont été interprétées ou reprises occasionnellement par de nombreux chanteurs ou groupes (Massilia Sound System, Dédé Mainvielle, Thomas Fersen, Olivia Ruiz, HK et les Saltimbanques, Bombes 2bal, Femmouses T., Les Nouveaux Cantadors, Lenine, Chico César…). Directeur artistique d’Escambiar.
A lancé plusieurs mouvements d’initiatives co-citoyennes : réalisation de fresques signées par les habitants (1988, idée reprise par Atlanta pour les JO) – Plage en Ville (1989, repris par de nombreuses villes françaises) – Repas de quartier (1991, on connait le succès) – Conversations socratiques de rues (1991, qui a donné les cafés philosophiques) – Forum des langues du monde (1993, qui a essaimé 25 forums en France et d’autres en Europe et à l’étranger) – Le bal pour tous (1998)…
Depuis 1977, il réfléchit à la centralisation en France et au problème des langues de France. Dès 1997/2000, Il propose au gouvernement une autre manière de résoudre ces problèmes, qui aboutira à une proposition de généralisation à tous les français d’une éducation à toutes les langues de France et il participera comme consultant à la Commission de réflexion mise en place début 2014 par la Ministre de la Culture, Mme Filippetti. Par ailleurs consulté par Lionel Jospin, Premier Ministre, il sera à l’origine de la création d’un « Secrétariat d’état à la décentralisation culturelle » en 2000.
Il a également publié de nombreux ouvrages sur la musique et sur la décentralisation culturelle.

Serge Regourd
Professeur à l’Université Toulouse 1 Capitole où il dirige le département « Culture, Médias, Territoires ». Il est l’auteur de nombreuses publications concernant, d’une part, les territoires et la décentralisation, d’autre part, les médias et la culture. Notamment : La décentralisation, 30 ans après (LGDJ 2013), Réformes et Mutations des Collectivités Territoriales (L’Harmattan 2012), avec J. Carles et D. Guignard… Sur les questions culturelles, notamment : L’Exception culturelle (PUF 2004), Vers la fin de la télévision publique ? (L’Attribut 2009), Les seconds rôles du cinéma français, grandeur et décadence (Klincsieck 2010)… Il est, par ailleurs, secrétaire général du CERIGICLE (Centre d’Etudes et de Recherches sur l’information et la gestion des collectivités territoriales), Président de la compagnie Théâtrale Tattoo, Vice-Président de la Cinémathèque de Toulouse, membre du CTA (Comité Technique Audiovisuel) pour Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon…